Perspectives et avenir de la décompression

A ce jour, et contrairement à certaines idées reçues, 80% des accidents de décompression en plongée loisir et sportive se déroulent dans la courbe de sécurité (1), c’est-à-dire au cours d’une plongée considérée par les modèles actuels comme non dangereuse. Or ces modèles mathématiques sont essentiellement basés sur une charge en gaz et la formation de bulles vasculaires, qui dans le fond n’expliquent que 13% du risque d’ADD (2)… Alors que l’on pense en fait que l’accident serait causé par différentes réponses de l’organisme au stress induit par les bulles et la décompression, et que d’un individu à un autres ces réponses peuvent-être très différentes.

Parmi ces réponses, il semble que l’accident de décompression implique à la fois :

Ces phénomènes étant tous encore partiellement méconnus, il devient alors évident qu’il est compliqué de les intégrer dans une modélisation. Ce qui reste pourtant notre objectif, en nous appuyant notamment sur le laboratoire ORPHY (Université de Bretagne Occidentale), ainsi que sur d’autres partenaires universitaires ou industriels, français ou étrangers, faisant parti du réseau issu du projet européen PHYPODE.

L’idée étant principalement de tendre vers une personnalisation de la décompression, en nous basant sur une approche de médecine de précision. Et c’est dans ce but que des travaux sont menés au laboratoire, afin de caractériser une souche de rats qui a été rendu résistante à l’ADD par sélection/croisements, aussi bien au niveau génétique que physiologique, afin de pouvoir ensuite transposer ces résultats à l’homme (pour plus de détails vous pouvez vous référer au site du laboratoire ORPHY.

Emmanuel Dugrenot
manudugrenot@tek-diving.fr
Fondateur Tek Diving, moniteur de plongée et physiologiste